Je viens de finir un livre génial, moins pompeux qu'un traité de psychologie appliquée...
... La psycho, même vulgarisée, reste une approche un rien culpabilisante, bien-pensante et qui assène ses vérités et remèdes sans offrir de réflexions.
et plus limpide qu'un ouvrage de philosophie...
... La philo montre le chemin vers la compréhension des phénomènes sans proposer de sparadrap et sans rien imposer mais dans un langage très opaque pour celui qui ne donne pas dans la masturbation intellectuelle.
Alain de Botton est facétieux, drôle, pédagogue, inventif et se situe, à mon avis, entre les deux avec un net avantage dans le camp de la philo simplifiée.
Le Plaisir de souffrir (titre détestable et hors propos car l'original est : The Romantic Movement) vous décortique sans jugement et sans le positionnement bien-mal, une relation entre une douce romantique et un froid pragmatique (euh...ça me rappelle quelqu'un...)
Jamais je n'avais lu une si juste description du baiser :
"" Elle avait toujours pensé qu’un bon baiser pouvait égaler, sinon surpasser, l’acte d’amour proprement dit, dans les bras d’un partenaire capable.
Elle appréciait qu’un homme y consacre du temps et qu’il ait envie d’en explorer toutes les possibilités érotiques et les subtilités techniques. Il fallait pour cela l’habileté d’un violoniste ou d’un pianiste, il fallait savoir contrôler les mouvements de chaque muscle buccal, connaître le clavier, le rythme et le tempo, savoir presser fort ses lèvres contre les lèvres de l’autre et quand les effleurer légèrement et malicieusement, quand ouvrir la bouche et quand faire preuve de réserve. Il fallait aussi contrôler le flux salivaire et la cadence respiratoire, savoir comment modifier sensuellement la position de la tête, intégrer toutes les partes du visage dans le baiser, coordonner ce qui se passait du côté des lèvres avec l’exploration digitale des oreilles et de la nuque, des tempes et des sourcils.
Comme ils avaient été rares dans son expérience amoureuse, les baisers dignes de ce nom… Les premiers avaient été désastreux, soit trop humides, soit trop secs, conséquences d’une nervosité adolescente, mais même plus tard, elle avait trouvé bien rares les occasions où les hommes s’investissaient convenablement dans cet acte. La plupart du temps, ils n’y voyaient qu’un prélude à la phase du déshabillage, un rituel poli nécessaire à la réalisation d’un dessein bien plus vaste et ambitieux.""
Et c'est bien vrai que les hommes, dans ce domaine, ont beaucoup de progrès à faire. Ils manquent terriblement de patience, de sensualité, de douceur. Ils peuvent vous investir comme s'ils livraient un assaut ou vous aspirer comme pour vous vider de votre essence, vous lessiver jusqu'au menton comme vous donner l'impression d'effleurer un cadavre froid et rigide.
Je vais vous faire une confidence......... c'est une femme d'un âge mûr
qui apprit à la jeunette présomptueuse que j'étais alors à embrasser
correctement.
Photo Dou
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